SALARIES DE SODIMEDICAL ET LE CRI DE COLERE DE J.L. MELENCHON
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« Sodimécical est la honte des hontes. Je ne raconte pas toute l’histoire. Je m’en tiens au point présent. Les ouvrières ont gagné trente deux procès. Le dernier a condamné le patron du groupe allemand à payer les salaires et à relocaliser l’activité. Le patron ne veut rien savoir ! Le tribunal a ordonné une amende de 2400 euros par salarié(e) pour chaque jour de retard à exécuter sa décision. C’est clair, net et précis. Une décision de justice de la même clarté que celle au nom desquelles on expulse séance tenante un camp de Roms ! Mais là, pas besoin de changer la loi pour faire cesser la barbarie et les mauvais traitements. C’est le contraire : il faut l’appliquer. Pas besoin de désavouer des décisions de juges. Au contraire il faut les faire respecter. Facile ? Non.
Le ministre du redressement productif qui tenait là une magnifique occasion d’élever la voix en faveur d’une relocalisation d’activité, de la démondialisation concrète, en quelque sorte, qu’a-t-il proposé ? Rien. Le ministre du travail, Michel Sapin, l’homme de « la gauche qui agit » et surtout pas de la « gauche tonitruante, la gauche d’Amérique du sud » ? Rien non plus. Ou plutôt si : une honte de plus. Il a nommé un « médiateur ». Vous avez compris ? Une personne est victime d’un vol. Le voleur est condamné à rendre son butin mais il ne veut pas. Que faire ? Un médiateur entre la victime et le voyou, « un médiateur » entre une décision de justice et son exécution. Elle n’est pas belle la « gauche non tonitruante » en action ?
Et le procureur qui devrait donner suite aux procès-verbaux de l’inspection du travail constatant que les salaires n’ont pas été versés. Déclenche-t-il la procédure pour infliger au patron voyou les 2400 euros d’amende par salarié ? Non. Le procureur ne fait rien non plus. Ou plutôt si : il fait quelque chose ! Il classe « sans suite » ! Incroyable mais vrai. La justice a décidé, mais elle se fiche de savoir si ce qu’elle a décidé est appliqué ou non. Et que fait la ministre garde des sceaux dont c’est le devoir de donner des instructions sur la politique que doivent appliquer les procureurs ? Rien, comme ses autres collègues. Ou plutôt si, elle fait déclarer par son cabinet : « On ne peut rien pour vous ».
Le patron voyou de Sodimédical nargue les ouvriers et refuse d’appliquer la décision de justice, mais « on » ne peut rien pour vous. Vraiment rien. Pendant que j’étais là parmi ces femmes, Jean-Marc Ayrault caressait le MEDEF. Sans contrepartie, sans un mot pour exiger que cessent ces comportements patronaux, ni un mot pour les syndicalistes ouvriers réprimés ou bafoués. D’ailleurs il n’y a pas eu de loi d’amnistie pour eux. L’urgence gouvernementale était ailleurs : auprès du MEDEF. »
Les salariées de Sodimedical ont été reçues
par des délégations du PCF et du Parti de Gauche.
Martine Billard et Jean-Luc Mélenchon au nom du Parti de gauche (PG) réaffirmait : « que le gouvernement doit se donner les moyens de faire verser leurs salaires » à ces femmes qui ne perçoivent pas leur paye depuis neuf mois, alors que la cour d’appel de Reims s’est prononcée, le 17 juillet, en leur faveur et a condamné le groupe austro-allemand Lohmann & Rauscher à les payer et à reprendre la production sur le site de Plancy-l’Abbaye, dans l’Aube, le tout sous astreinte de 1 000 euros à partir de la notification du jugement.
Une délégation du PCF, composée de dirigeants départementaux, leur a remis les sommes de dix parrains et marraines. Parmi ces derniers, Pierre Laurent, secrétaire national, Marie-George Buffet, députée et responsable du Front des luttes, Nicole Borvo, sénatrice, et André Chassaigne, député. Une façon, selon ce dernier, de « leur donner le levier nécessaire pour pouvoir continuer leur action et gagner leur lutte ». Le PCF répond ainsi à l’appel au parrainage lancé par les Sodimedical. Un appel entendu aussi par le Parti de Gauche, selon Martine Billard, qui insiste : « L’État doit se retourner contre les employeurs. » En attendant, la solidarité financière reste une bouffée d’oxygène pour ces salariées qui doivent choisir entre payer leur essence pour continuer à se rendre chaque jour au travail ou assurer la soupe à leurs enfants.
