Traité Européen
-
L’opposition monte contre le pacte budgétaire.(Voir le sondage et l’article de l’Humanité, ci-dessous) : 72% des français souhaitent un référundum sur le traité budgétaire européen. Des pétitions circulent depuis quelques mois pour exiger un référendum. Lors des Estivales citoyennes du Front de gauche, en Isère, Jean Luc Mélenchon annonçait une manifestation contre le nouveau traité européen :
Par la suite,sur son blog, il proposait la date du dimanche 30 septembre 2012. « Seule la rue peut faire capoter le projet du PS et de la droite unis « pour fair passer le
traiter » écrit-il (http://www.jean-luc-
De son coté , l’’association Attac avait adressé aux partis,syndicats et associations, membres du collectif « pour un audit citoyen de la dette » , un appel à mener une campagne « éclair » contre la ratification du pacte budgétaire. En conséquence, l’association propose au collectif d’organiser partout en France des réunions publiques, d’appeler les citoyens à s’adresser directement à leurs parlementaires et à organiser le jour du vote une manifestation devant le parlement. Ci-dessous l’interview de J.M Harribey, ancien président d’Attac-France, parue dans l’Humanité. Bonne lecture et à bientôt.
SONDAGE SUR LE TRAITE EUROPEEN
Près de trois Français sur quatre se prononcent pour l’organisation d’un référendum sur le traité budgétaire. Le Front de gauche engage une grande mobilisation. Face à la montée des critiques, le premier ministre appelle sa majorité à la « solidarité ».
Dans l’âpre bataille pour la réorientation de la construction européenne, voilà une enquête d’opinion qui pourrait être à marquer d’une pierre blanche. Consultés pour la première fois explicitement sur le sujet, dans un sondage CSA pour l’Humanité, une très forte majorité de Français se disent favorables à l’organisation d’un référendum sur le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qui imposerait à la France, comme à chaque État de l’UE, la règle d’or de l’équilibre budgétaire, la condamnant ainsi au régime de l’austérité. Plus qu’un soutien, la proposition fait l’objet d’un quasi-plébiscite, avec 72 % de oui. Sans surprise, elle fait un carton (80 %) parmi les sympathisants du Front de gauche, seule formation, pour l’heure, à réclamer la tenue d’un tel scrutin. Mais elle recueille une nette majorité dans toutes les sensibilités politiques. Deux sympathisants du PS sur trois, 75 % des proches d’Europe Écologie-les Verts (EELV) la soutiennent. À droite, ils sont trois sur quatre à se prononcer dans le même sens.
Ces résultats devraient donner matière à réflexion dans les partis et au gouvernement. La question du traité budgétaire sera au cœur des débats politiques de la rentrée. Le TSCG sera soumis à l’Assemblée nationale début octobre. S’abritant derrière l’avis récent du Conseil constitutionnel jugeant qu’il ne remet pas en cause la souveraineté nationale, le gouvernement a écarté l’idée d’un référendum. Mais au sein de sa majorité, des voix se sont élevées, ces derniers jours, pour mettre en cause le traité. C’est le cas de parlementaires, comme la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann ou le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, qui ont ouvertement exprimé leur refus de voter la ratification du traité. Mercredi dernier, c’est l’ex-candidate d’EELV à la présidentielle, Eva Joly, qui se prononçait pour un référendum. « On ne peut pas escamoter le débat public sur un tel enjeu. Le traité qu’on nous propose de voter est le traité Merkozy. Le petit ajout sur la croissance que François Hollande prétend avoir obtenu n’est pas à la mesure des enjeux », expliquait-elle…
Interview de Jean-Marie Harribey « Organiser une manifestation nationale est une bonne idée »
Quelles seront les conséquences économiques du traité européen instituant la « règle d’or » d’équilibre budgétaire que s’apprête à faire ratifier François Hollande ?
Jean-Marie Harribey. Si ce traité est ratifié, il nous mène à la catastrophe. Le pacte budgétaire va mettre en place trois verrous. D’abord, pour respecter le déficit maximum autorisé, on va comprimer les déficits déjà existants, en réduisant les dépenses publiques et sociales. Le résultat est assuré : à la récession va s’ajouter la récession. Ensuite, un déficit autorisé de 0,5 % du PIB pour la France ne représente que 10 milliards d’euros par an. Cette marge de manœuvre équivaut à une miette au regard des énormes investissements publics qu’il faut mettre en œuvre pour transformer écologiquement et socialement la société. Pendant des décennies, on aura besoin de beaucoup plus. Enfin, on s’interdit de prévoir les investissements de transition écologique et sociale dont les effets bénéfiques seraient récoltés sur la longue durée. L’obligation d’être à l’équilibre budgétaire interdit quasiment d’emprunter.
En quoi cette interdiction d’emprunter pose-t-elle un problème ?
Jean-Marie Harribey. On emprunte pour préparer l’avenir, pas pour que le bénéfice soit dans l’instant. Avec le traité, les investissements de long terme devront être financés uniquement sur le revenu courant et non par l’emprunt qui permet d’étaler le remboursement sur la durée pendant laquelle les investissements réalisés produisent leurs effets. Cette interdiction du recours au crédit est totalement absurde, sauf à supposer que le capital privé pourra financer ces investissements de transition. C’est une douce illusion quand on sait que, dans sa logique, le libéralisme économique recherche avant tout la rentabilité financière, mais en aucun cas les effets bénéfiques pour la société.
D’un point de vue démocratique, un référendum est-il nécessaire, selon vous ?
Jean-Marie Harribey. Le Conseil constitutionnel nous a savonné la planche en autorisant François Hollande à se passer d’un changement de la Constitution pour pouvoir ratifier ce traité. Contrairement à sa promesse, Hollande va faire ratifier le traité Merkozy par le Parlement à la majorité simple. On peut faire le pari dès aujourd’hui que leur « truc » ne marchera même pas. Dans l’état de catastrophe actuel, ils ne réussiront pas à maintenir les déficits dans une borne aussi étroite que 0,5 % du PIB. Constitutionnellement, il ne reste plus que l’exigence d’un référendum.
Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon invite à une marche contre ce traité, le 30 septembre, à Paris. En serez-vous ?
Jean-Marie Harribey. En clôture de son université d’été, Attac a lancé un appel public à toutes les organisations syndicales et politiques de gauche pour prendre des initiatives communes sur cette affaire de ratification. La position d’Attac sera mienne aussi. Organiser une manifestation nationale est une bonne idée. Toutefois, il ne faudrait pas que les initiatives isolées se multiplient, sinon l’objectif de rassembler un maximum de forces unies exigeant un référendum ne sera pas atteint. La stratégie du Front de gauche mériterait d’être plus précise. Au-delà du traité, il faut qu’il y ait le maximum d’initiatives à Paris et dans les régions pour imposer un débat sur la question européenne.
