Hommage au Père Philippe : Pouvait-on s'en laver les mains?
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A l'heure où le Saint Père foulait le sol de notre pays, un serviteur de Dieu, en la personne du Père Philippe Bachet, nous quittait.
Entendre les mots du Saint Père ne pouvait que nous faire penser à l'humble serviteur que nous avons eu la chance et l'indicible honneur de côtoyer.
Lors de ses obsèques Jean Philippe Tizon, que certains n'ont pas oublié, a envoyé un témoignage fort qui n'a en rien heurté les célébrants.Pour rappel il est aujourd'hui diacre et à ce titre serviteur de la Parole divine. Il est également responsable diocésain de l'Action Catholique Ouvrière.
Il a partagé bien des événements avec le Père Philippe. Nous gardons le souvenir de l'anniversaire de l'ACO à Villemur. Monseigneur Le Gall avait fait l'honneur de sa présence.
Il nous semblait cohérent de lire ce même texte en ce samedi 3 Octobre où la messe était plus particulièrement dédiée au Père Philippe.
L'accord de notre nouveau pasteur était acquis.
Une heure avant la messe un contre ordre nous était donné.
Ce texte avait, sans trop de précisions, heurté certaines pures âmes villemuriennes présentes à la cérémonie au Christ Roy.
Ah, il est vrai que nous étions tellement nombreux, nous les villemuriens…!!!
L 'engagement du Père Philippe dérangerait- il encore?
En fait, c'est quoi un hommage?
Est-il dicté par le cœur pour résumer ce que l'on a vécu de beau et de bon avec la personne disparue?
Ou bien doit-on écrire en pensant à quelques personnes qui écoutent?
Le Père Philippe l'aurait sans doute, dépassant sa modestie, adoubé ce texte qui rappelait ce qu'il était.
Un humaniste courageux et proche des plus humbles.
Un prêtre en capacité d'aider même ceux qui doutaient à reprendre confiance dans les valeurs essentielles des évangiles.
Le brusque revirement de mon église me laisse pensive.
Moi baptisée,suis-je encore proche de cette église?
Le Père Philippe m'aurait peut-être dit de ne pas m'inquiéter.
“L'homme regarde ce qui frappe les yeux mais l'Éternel regarde au cœur”( Samuel 16:7)
Peut-être aurait-il ajouté que Dieu est pardon sans être dupe de quelques hypocrisies religieuses.
Il serait sans doute allé plus avant en m'expliquant que sa mansuétude va jusqu'à excuser l'inqualifiable.
Qu'il est conscient qu'à travers actes et discours certains vont jusqu'à l'escroquerie y compris morale.
Aurait-il été jusqu'à pratiquer l'humour en précisant que l'habit ne fait pas le moine?
Il m'aurait, c'est certain, encouragée à l'espérance. A vivre en cohérence avec moi-même, à persister dans le rejet des amalgames faciles et destructeurs, ce sans pour autant tomber dans l'angélisme.
Il aurait évoqué le respect, la tolérance,la générosité qui n'est pas que sonnante et trébuchante…
Il m'aurait certainement mise en garde pour m'encourager dans la bonne voie en me disant que Dieu savait où se situaient les pharisiens, les scribes et autres sadducéens contemporains.
“ Ce peuple m'honore des lèvres mais son coeur est éloigné de moi”
(Matthieu 15-8)
L'actualité en témoigne,certains aspirent à une Église sans Christ, sans ses enseignements.
Ils cherchent ainsi à justifier moralement des propos,des pratiques, une idéologie qui n'ont rien de commun avec la morale et vont même jusqu'à s'opposer ouvertement à la Parole.
Le Pape Léon a dénoncé cela.
Le Père Philippe, adepte de Saint François,vivait du plus profond de son Être cette Parole. ( Saint François d'Assise est décédé le 3 octobre 1226).
De la haut Père Philippe,continue de m'accompagner sur la voie de la sagesse et apprends moi l'indulgence face à ceux qui jugent et prétendent être meilleurs que les autres.
Ils n'ont pas compris que la première des démarches est de ne pas faire à autrui ce que l'on n'aimerait pas subir.
N’oublions pas le onzième commandement, « aimez-vous les uns les autres comme moi je vous ai aimés ».
Jésus pose là l’enjeu de l’unité dans la diversité et non celle d’une unité uniformisante non féconde.
Marie- Gabrielle Gimenez.
