Alarme citoyen.
-
Quelques élus affirment : « vous nous avez délégué un pouvoir et à ce titre nous travaillons pour l’intérêt général ». Entourés de cadres administratifs et d’experts dans différents domaines, les collectivités peuvent souscrire des contrats en toute quiétude. Pourquoi diable ne point leur faire confiance ?
Parce que derrière le « dormez braves gens, nous veillons » l’inertie citoyenne reste fortement suggérée. Cette inertie demeure la porte ouverte à toutes les mésaventures notamment celle des dérives idéologiques au nom bien entendu d’un pragmatisme à la mode du moment. L’Histoire en témoigne. Les citoyens deviennent tout simplement vigilants. Ils en ont assez de voter pour telle ou telle orientation sociétale et que le cap contraire soit maintenu. Certains grands décideurs – les tous petits aussi- accordent à la presse une force de dénigrement destructrice. De fait, ils reprochent aux projecteurs d’éclairer des scènes peu reluisantes. Le problème devient l’éclairagiste et non les acteurs réels avec l’histoire qu’ils conduisent. De son côté, le bon sens populaire s’inquiète de certaines dérives. La dimension populaire renvoie ici à l’esprit républicain et non -comme pourrait le laisser croire quelques esprits chagrins- vers une dérive populiste quelconque.
Ils ne crient pas « tous pourris »
Nombre de personnes sont conscientes du travail et de l’arsenal de contraintes qui pèsent sur les épaules de nos élus. La contrepartie, chacun la juge à sa façon.
Le respect de l’élu, d’un grand patron, d’un haut fonctionnaire exige-t-il pour autant le silence ? Les citoyens (nes) sont –ils (elles) obligés(es) au nom de ce respect de taire leurs convictions, leurs craintes, leurs interrogations ?
Interpellés dans leurs valeurs citoyennes doivent-ils s’interdire d’exprimer leurs interrogations sur le sens des démarches en cours ?
D’ailleurs, le silence se veut-il plus respectueux lorsque ce dernier ouvre la porte et laisse le champ libre à des dérives insupportables de privatisation subreptice de mandat ?
Tous concernés…au plan local
Au plan local, bien des déficits démocratiques se sont faits jour. A l’occasion de la DSP (délégation de service publique ou privatisation) de la collecte des ordures ménagères, les élus expliquent qu’ils ont fait pour le mieux, dans l’intérêt des finances publiques et des usagers. Ils mettent en avant l’expertise de Bessières, de la commission environnement, de la société ANTEA qui a effectuée l’étude. Le problème n’est pas le manque de probité des conseillers mais bien un l’habitus méthodologique et philosophique qui écarte systématiquement les populations de toute types de concertation en amont des décisions importantes. Nombre de citoyens souligne un constat de déni de démocratie. Le manque de concertation, selon eux, en témoigne
Lors de la réunion du 6 décembre, les élus de l’intercommunalité précisaient à une délégation d’habitants que le projet était étudié depuis 2011. Le temps existait donc pour consulter, informer les populations voire avec ces dernières améliorer l’instauration du tri, De plus l’échéance pour l’amélioration du tri sélectif est pour 2015. Il était donc possible de donner du temps au temps pour associer un maximum de gens à la cette approche.
Si l’étude effectuée par l’intercommunalité de Villemur avait été prise en compte, l’écueil du tri sélectif en centre-ville, dans les immeubles et dans d’autres endroits aurait été évité car il représentait l’une des raisons d’échec du projet. Seules les réactions citoyennes ont poussé à réfléchir à une collecte différente et peut-être à l’achat de bacs individuels plus petits, recevables dans les appartements et encore… quel sera le coût supplémentaire des adaptations ?
La tarification incitative, un projet ?
Les containers individuels présentent un intérêt si à terme il y a une intention d’instaurer une tarification incitative basée sur le pesage des déchets. Si c’est le cas il y aura nécessité d’explications car l’acceptation d’une telle redevance soulève des inquiétudes qui ne seront levées que par la transparence, l’équité et la mise en avant d’une réelle baisse des coûts adossée à un tri efficace et à une réduction des déchets. Pour le moment, le voile se lève à peine et l’opacité prime encore. De plus, personne ne sait rien des coûts réels du changement.
Surprenante Communication.
Pourquoi le dépliant distribué et le site n’éclairent-ils pas davantage le citoyen ?
Un éclairage sur ce dépliant, intitulé « faire de vos déchets une ressource », s’impose.
A lui seul, il exprime déjà le fossé entre la soi-disant expertise des élus, de leurs conseils et les populations, il aurait été préférable de parler de gestion de nos déchets en lieu et place d’une « com » prenant à la limite les usagers pour des simples d’esprit.
Il est vrai, pour gagner en efficience des esprits « experts » s’interrogent. Les usagers de base se sont-ils déjà demandés pourquoi ils doivent trier leurs déchets ? Ont-ils déjà eu cette capacité de réflexion ? Demeurent-ils tous à l’âge de pierre de l’éco-responsabilité ? Comment à partir de « nos » vérités d’experts pouvons-nous dépasser cet état de fait ?
Un fait certain demeure : éviter au maximum de parler de privatisation.
Si cette plaquette semble transpirer un semblant de mépris il faut accorder à ses auteurs l’inconscience du fait. Tout le monde ne peut devenir expert en tout. Il ne faut pas croire qu’ils prennent les citoyens pour ce qu’ils ne sont pas. Cette « com » tient de la maladresse au même titre que l’approche politique de la gestion des déchets.
Pour les usagers/citoyens, il devient dès à présent primordial de trier l’information, de recycler ce qui est recevable, de ne pas réutiliser la méthode en cours et de réduire leur déception afin de poser les questions susceptibles de les renseigner réellement.
Parlons des coûts :
Bien des citoyens (nes) s’interrogent sur le timing et le coût global (de l’ancienne collecte, De la future, des différents projets, des investissements nécessaires (ANTEA, QUADRIA), du site dédié à la collecte, des dépliants et lettres.)
Ils découvrent administrativement, que l’appel d’offre avait été lancé en avril 2012. Ils se demandent : de quand date la délibération ouvrant cet appel ? Quand y a-t-il eu concertation avec l’ensemble des élus ?... du personnel ? Si Les interrogations submergent les esprits, les éclaircissements, eux, restent évasifs.
Tout cela intéresse les usagers en leur donnant une idée peu nette et précise de l’investissement financier et humain dans le domaine.
Besoin de dialogue !
Les citoyens ont besoin d’explications, ils payent des impôts sans pouvoir déterminer la part qui incombe à l’amélioration de leur cadre de vie, à la nécessaire solidarité, à la part d’incivilités.
Il existera toujours des individus incapables de se remettre en question ou complètement désintéressés de la « chose publique » mais fort heureusement, ils sont nettement plus à souhaiter devenir acteurs de leur avenir tout en demeurant découragés par la « privatisation » systématique des décisions.
Comment associer, responsabiliser des femmes et des hommes d’un territoire si les principaux acteurs n’expliquent rien, s’ils ne fournissent pas des données recevables, que cela soit au niveau de la santé, de l’enseignement, de la justice, des transports, du ramassage des ordures… ?
Il y aura toujours des incivilités, un « je m’en foutisme » qui méritent sanctions, mais si les « décideurs » ne font pas participer les citoyens à l’élaboration de leurs propositions comment alors améliorer les situations sur le terrain ? Par la seule répression ?
Au risque de passer pour de vilains contestataires irrespectueux mais constructifs, un certain nombre de personnes continueront à crier qu’elles demeurent des citoyens(nes) avec des droits. Ainsi, elles continueront à réclamer le droit à la transparence, à l’information, à la démocratie tout comme elles reconnaissent bien des devoirs. Les devoirs de respecter les biens publics, les lois, mais également ceux de remplir leur rôle citoyen.
A ce niveau, les élus quelle que soit leur étiquette jouent un rôle prépondérant. S’ils ne veulent pas devenir des marionnettes entre les mains « invisible » du marché, ils doivent encourager la démocratie participative bénéfique pour tous à bien des titres. Cette démocratie, basée pour partie sur une délégation de pouvoir, ne peut subsister sans la participation consciente des individus. Dans le cas contraire, la société s’installera dans un régime politique autre. La propagande dominante, pardon la communication pourra épiloguer sur les vertus de la Démocratie Décitoyennisée.
L’Equipe du Blog.
