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CONSEIL MUNICIPAL DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE (SUITE)

Passerelles et/ou  passerelle ?

 

Par Jean Philippe TIZON

Une assemblée locale devrait être un des lieux où se conduit un débat démocratique, contradictoire  et constructif sur le devenir de la cité. Tel ne fût pas le cas ce lundi 27 février à Villemur. L’encéphalogramme plat indiquait un conseil en plein symptôme d’une hibernation cérébrale encore avancée  à l’exception de son Premier magistrat plutôt en verbe.

Les choix d’orientations budgétaires présentés par Jean Claude Boudet méritent au moins que l’opposition s’y arrête sérieusement et que des éléments de la majorité donnent des éclairages dignes de ce nom. Nous avons eu droit à une obscurité totale ; dommage en ce temps de déficit démocratique généralisé. Les élus (es), quelque soit leur tendance, doivent être une des passerelles  interactives entre l’institution « Hôtel de ville » et les citoyens (nes), entre les personnes (morales et physiques) et la démocratie locale.

Le « débat monologue » d’orientation budgétaire  portait sur la gestion financière de la ville en trois points importants.

-         La ville possède un taux d’endettement en dessous  de la moyenne des villes similaires.

-         Le désengagement de l’Etat met à mal la politique d’investissement des communes. Les conseils général et régional sont obligés de réduire leur politique  de subvention. L’incertitude en matière de subvention conduit à annoncer le gel du projet de salle de spectacle  dans les murs Brusson mais aussi à espérer de voir  aboutir le projet de passerelle lors d’un second mandat.

-         Enfin, l’existence d’excédents budgétaires se veut le choix d’une stratégie politique de prudence, tant en investissement qu’en fonctionnement, afin de préserver l’avenir.

Personne ne peut se plaindre, de droite comme de gauche, d’une telle prudence budgétaire au regard de l’époque dans laquelle nous naviguons.

 Si sur le plan financier, les grands ensembles  présentés  illustrent le propos, il  reste par contre à pointer chapitre par chapitre l’application concrète de cette orientation. En effet ces chapitres ou comptes demeurent le synopsis chiffré de choix de société avoués ou non.

Réduire les choix d’orientations budgétaires à la seule  apparente politique financière  rigoureuse cela revient à  imputer le débat sur la finalité humaine de cette approche et donc l’avenir collectif de cette cité.

Au vu de l’éblouissant débat de cette assemblée, de véritables interrogations demeurent en suspend. Quelles politiques jeunesse, d’éducation et culturelle avons-nous besoin ? Comment développer une meilleure sécurité civile et  le civisme sur la ville ? Comment rendre leur utilité sociale à nos anciens qui peuvent apporter tant? Quelle dynamisation du centre ville ?  De quelle démocratie locale avons-nous besoins ? Etc.  Une politique financière rigoureuse doit être l’expression politique de choix micro-sociétaux clairement énoncés. Elle doit être aussi une des passerelles de la vie  citoyenne.

En parlant de passerelle, celle prévue au-dessus du Tarn peut-elle apparaitre, en cette période incertaine, comme un outil utile pour la ville tant que nombre d’interrogations /orientations  précitées ne sont pas clairement posées ?

Au vu  des crises de valeurs, de repères qu’entraine la déification mondiale  de l’argent,  il devient de plus en plus prioritaire au plan local de construire des passerelles  donnant du sens et du lien afin d’élaborer dans la richesse des différences un vivre ensemble.

Passerelles et / ou Passerelle ? Il reviendra  à chacun d’entre nous et collectivement  de  choisir en conscience la ou les rives à atteindre.

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