L'Ethiquette
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Rouge pour le pot de confiture de cerises.
Bleu pour la myrtille.
Rose pour la framboise.
Vert pour la figue.
Jaune pour la … poire
N'avez-vous jamais eu l'impression, tel un pot de confiture de vous sentir étiqueté.
Prenant fait pour une cause, vous tendez sur la place publique un papier informatif.
Vous êtes maladroitement contourné, fièrement ignoré, regardé d'un œil méfiant ou inquisiteur.
Heureusement, il y a aussi des sourires, des merci, des conversations engagées … .
Avez-vous déjà ressenti cette indifférence, ce jugement hâtif accordé à vous ou vos engagements.
Que cherchent-ils, que cherchent-elles ?
Il est de droite, de gauche, c'est un rouge, un vert.
Ne serait-ce pas avant tout un homme, une femme.
Pourquoi étiqueter automatiquement tout individu qui s'engage sans même considérer la nature, la valeur, la complexité voire la pureté de l'engagement.
Est-il automatique d'assimiler chaque engagement à un susceptible but inavouable ou intéressé ?
Est-il indispensable de cataloguer les individus dans tel ou tel registre bien ordonné, bien classé et de les y abandonner ?
Est-il possible d'exister hors catégorie, hors classe … .
A l'école déjà, on classait les doués et les cancres, combien cherchaient la petite étincelle susceptible d'enflammer l'intelligence enfantine en transformant le cancre en élève épris de savoir.
Refusons cette facilité qu'a l'humain de déterminer par avance ce qu'est l'autre, rejetant toute transformation.
Essayons de comprendre avant de juger la démarche individuelle de celui qui s'investit dans une action porteuse d'espoir, de solidarité, de fraternité.
Nous sommes libres d'adhérer ou pas mais au moins respectons.
Refusons l'automatisme de considérer en toute entreprise un opportunisme bien ciblé à la limite de l'arrivisme.
Bien sûr nous ne sommes pas des rêveurs, l'opportunisme existe, la presse informe assez de dérives humaines, de choix contestables, de décisions arbitraires … .
Osons croire qu'il existe des individus désintéressés, qui, inquiets de l'avenir décident de bouger, refusent de ployer le dos sous le poids de l'économie, de la finance et surtout des idéaux bien déterminés à transformer les êtres non en sujets pensants mais en sujets passifs.
Des souffrances, beaucoup en ont traversé, les trente glorieuses sont passées par là, on s'est installé dans un certain confort à ne pas assimiler à un confort certain.
Enfants, petits-enfants ont du boulot, se débrouillent, la misère touche pour le moment une minorité, qu'en sera-t-il demain ?
Faut-il attendre d'atteindre le fond pour tenter de rebondir ?
Gardons la foi, soyons charitables envers ceux qui jugent, continuons de croire qu'il y a du bon dans chacun de nous et respectons toutes les idées.
Difficile, c'est vrai, c'est difficile mais continuons de marcher sur un long chemin de tolérance fait d'écoute, d'ouverture, de dialogue en ignorant ceux qui estiment que les convictions sont inadaptées à un monde d'apparences.
MG GIMENEZ
